piano
et le sax alto. Bien que l'enseignement musical qu'il y
reçoit soit essentiellement classique, ses préférences
vont déjà vers les musiques de son enfance:
Le Gospel qu'il entendait à l'église le dimanche,
le Blues et le Jazz que lui et sa mère écoutaient
le soir à la radio...
À la suite du décès de sa mère,
Ray, alors seulement âgé de 15 ans, décide
de quitter l'institution. Il se fait héberger quelques
temps par une amie de sa mère à Jacksonville,
en Floride, où il commence à travailler comme
musicien. Il tente ensuite sa chance à Orlando, puis
à Tampa, gagnant à grand peine de quoi survivre
en jouant du piano dans des orchestres de danse.
Ce n'est qu'en 1947, après avoir traversé
tout le pays pour s'installer à Seattle, qu'il commence
à se produire dans les clubs comme chanteur, avec
sa propre formation. C'est là qu'il rencontre Quincy
Jones, avec qui il noue des relations d'amitié très
fortes et durables.
Après
plusieurs disques sans succès (dont son premier enregistrement
de 1949, "I Love You, I Love You"), il enregistre
pour Swingtime Records "Baby, Let Me Hold Your Hand",
qui se place dans les premières places des R&B
charts en 51. Il commence alors à forger sa personnalité
musicale, s'éloignant peu à peu de ses premières
influences, Nat "King" Cole et Charles Brown.
C'est aussi à ce moment qu'il décide d'abandonner
son nom de famille, devenant tout simplement Ray Charles.
Poussé par sa maison de disque, il part en tournée
avec Lowell Fulson. Mais en 52, une nouvelle ère
commence pour "Brother Ray", quand Atlantic Records
décide de racheter son contrat à Swingtime...
Aidé par l'attitude de Atlantic qui lui laisse toute
liberté de création, Ray Charles va connaître
une décennie de succès quasiment ininterrompus.
Parallèlement à ses propres enregistrements,
il travaille ocasionnellement avec d'autres artistes, comme
Guitar Slim ou Ruth Brown. Son premier gros hit est "I
Got a Woman", qui monte à la 2e place des charts
en 55. Viennent ensuite "Hallelujah I Love Her So",
"Drown in My Own Tears", "This Little Girl
of Mine", "The Right Time", qui se placent
également très bien, mais toujours dans les
R&B charts. Il faut attendre la sortie de "What'd
I Say" en 59 pour que le succès soit complet:
c'est en effet son premier hit dans les pop charts.
Parmi
les deux albums enregistrés durant cette période
Atlantic (tous deux réalisés avec la complicité
de son ami Quincy Jones), le second est un véritable
monument: "Genius Of Ray Charles". Il y est accompagné
par un big band en partie composé de musiciens des
orchestres de Count Basie et Duke Ellington. Cela marque
chez Ray Charles la fin des petites formations: Dorénavant,
il sera la plupart du temps accompagné par des big
bands, voire des grands orchestres.
Fermement décidé à continuer sa percée
en direction du marché pop, le chanteur quitte Atlantic
en Novembre 59 pour signer chez ABC-Paramount, plus à
même de lui offir une passerelle vers le public blanc.
C'est ainsi que "Georgia On My Mind", "Hit
the Road Jack" et "I Cant Stop Loving You"
(vendu à plus d'un million d'exemplaires en 62) vont
se succéder entre 60 et 62 à la première
place des pop charts, alors que d'autres titres comme "One
Mint Julep", "Unchain My Heart" ou "You
Are My Sunshine" continuent de culminer dans les R&B
charts. Ray Charles a enfin réussi ce dont beaucoup
d'artistes Soul rêvaient: Le "crossover",
toucher à la fois le public blanc et le public noir!
Les affaires marchent alors tellement bien pour Ray Charles
que, associé à son manager Joe Adams, il monte
sa propre société, Ray Charles Enterprises,
et fait construire ses bureaux et son studio d'enregistrement
RPM à Los Angeles. C'est aussi malheureusement une
période où il doit faire face à de
sérieux problèmes de drogue.
Malgré un petit passage à vide, Ray Charles
revient en force en 66, avec 'Let's Go Get Stoned', écrit
par Ashford et Simpson. Après quelques chansons aux
résultats encore honorables (dont ses reprises de
"Yesterday" et "Eleonor Rigby" des Beatles),
Ray Charles disparaît peu à peu des charts.
Au
cours des années 80, Ray Charles fait quelques apparitions
sporadiques, à l'occasion d'évènements
tels que le film "The Blues Brothers" ou la chanson
"We Are The World" au bénéfice de
USA For Africa. Il a également participe à
plusieurs grosses campagnes publicitaires. Mais malgré
de nombreux changements de maison de disque, il n'obtient
plus que de petits succès, principalement en duo
avec des artistes Country. Seule exception, son duo avec
Chaka Khan en 89, "I'll Be Good to You", le réconcilie
brièvement avec les pop charts.
Alors qu'il a maintenant atteint un âge assez avancé,
et qu'il souffre d'une désaffection évidente
du grand public, Ray Charles continue pourtant inlassablement
de tourner dans le monde entier. Il se produit notamment
chaque année en France, un pays qu'il semble affectionner
tout particulièrement. Et les français le
lui rendent bien, puisqu'il a été fait Chevalier
des Arts et Lettres en 1986.
Parmi les très nombreuses autres récompenses
et distinctions dont il a été honoré
au cours de sa carrière, il a reçu en 12 Grammy
Awards, dont le Grammy Lifetime Achievement Award en 87,
et a été l'un des premiers à entrer
au Rock'n'Roll Hall of Fame en 86. Sans oublier bien sûr
que la chanson "Georgia On My Mind" a été
consacrée hymne officiel de l'État de Georgie
en 79.
Il
est meurt le 10 juin 2004 de complications d'une maladie
du foie.