supplémentaire d'une sensualité tranquille
et absolue qui contribue à pérenniser dans
les ghettos une virilité aux fortes connotations
inachistes, caractéristique des rapports inégalitaires
entre Afro-americains des deux sexes.
Servi
par tous les artifices d'une imagerie qui tient du cliché
bon marché, Pendergrass se sert avant tout de sa
voix pour assujetir son public féminin, rassemblé
dans le culte de sa personne à l'occasion de concerts
labelisés for ladies only, avec distribution de sucettes-teddy
bears en chocolat à la clé. Par un curieux
retournement de situation, la vie de Pendergrass bascule
brutalement en 1982 lorsqu'un accident de la route le prive
de l'usage de tous ses membres, confiné dans une
chaise roulante, celui dont la voix n'etait jusqu'alors
que le symbol de sa puissance doit désormais compter
sur elle seule pour séduire. Dans ces circonstances
extrêmes, le crooner le plus adulé de sa génération
a montré toute sa force de caractère en acceptant
son sort avec une détermination peu commune qui lui
a permis de conserver sa place au premier rang des stars
de la soul.
Il
est probable que cette capacité à résister
face aux coups du sort lui a été inculquée
très jeune dans la contexe de l'eglise, une éducation
extrêmement religieuse l'ayant conduit à être
ordonnné à l'âge de dix ans, comme cela
se fait couramment dans bon nombre de confessions sanctifiées
de l'Amerique noire. L'omniprésence de la religion
ne freine pourtant pas sa décision à quinze
ans d'intégrer un premier ensemble vocal avant de
devenir batteur des Cadillacs peu après. A la fin
des années soixante, les membres de cet orchestre
de Philadelphie (faut pas le confondre avec le group vocal
new-yorkais du même nom) sont amenér à
devenir les accompagnateurs de Harold Melvin and the Blue
Notes; et lorsque le hasard lui permet de réveler
ses talents vocaux, Pendergrass délaisse sa batterie
pour devenir le nouveau chanteur vedette de la formation.
Ce
changement intervient à point pour Kenny Gamble et
Leon Huff qui n'ont jamais fait mystère de leur désir
de signer les Dells sur leur nouveau label Philadelphia
International; le group chicagoan étant déjà
sous contrat avec Chess, les deux producteurs se rebattent
sur le Blue Notes en constatant à quel point la voix
de pendergrass évoque celle de Marvin Junior des
Dells.
Bien
servi par des titres adaptés à son timbre
par Gamble & Huff, le jeune chanteur donne à
son groupe une longue série de best-sellers qui démarre
en 1972 avec I Miss You(part 1) et If You Don't KNow Me
By Now, pour se poursuivre jusqu'au milieu de la décennie
avec The Love I Lost(part 1), Satisfaction Guaranteed, Where
Are All My Friends, Bad Luck(part 1) et Wake Up Everybody
(part 1), pour n'en citer qu'une partie. L'arrivée
brusque du succès crée des tensions au sein
de la formation qui finit par se scinder en 1977 pour laisser
place à deux groupes de Blue Notes rivaux, l'un dirigé
par Melvin, l'autre par Pendergrass. Aprés plusieurs
mois, Melvin émigre chez ABC avec les Blues Notes
officiels pendant que Pendergrass poursuit seul son chemin
avec la bénédiction de Gamble & Huff qui
lui ouvrent les portes de Philadelphia International. Dès
le printemps 1977, I DOn't Love You Anymore et The Whole
Town's Laughing At Me entaînent dans leur succès
le recueil Teddy Pendergrass qui confirm la populatité
du chanteur auprès des ménagères noir-américaines
en se vendant à plus d'un million d'exemplaires.
Avec l'appui de Close the Door, premier Numéro Un
Soul pour Teddy depuis son départ des Blue NOtes,
Life Is a Song Worth Singing connaît un sort plus
brillant encore en prenant la tête des meilleures
ventes d'albums à l'automne 1978, tout comme Turn
Off The Lights.
Teddy
Pendergrass continue sur son chemin de succès avec
des autres albums comme Teddy Live!coast to Coast, It's
time for Love, This one's for you et Heaven Only KNows.
Il Change maison de disques en négociant un contrat
avec Asylum/Elektra qui publie son neuvième recueil
solo, Love Language, au printemps de 1984, tout juste deux
ans après son accident. Les deux moments forts de
ce recueil sont un duo avec la toute jeune Whitney Houston,
Hold Me, ainsi qu'une composition de marcus Miller et Luther
Vandross intitulée You're My Choice Tonight (Choose
Me). Sans atteindre un niveau de succès comparable
à celui d'un album de la grande époque comme
Teddy, Love Language trouve néamoins plus d'un demi-million
d'acheteurs et la critique parle de résurrection.
Workin' It Back à la fin de 1985 est en revanche
une déception que l'entrée dans le Top 10
noir de Love 4/2 ne suffit pas à compenser, ce qui
donne 'autant plus de poids à Joy lorsqu'il sort
dans les bacs au printemps 1988. en offrant à Pendergrass
le deuxième Numéro Un de sa carrière
solo, la plage titre du disque apporte la preuve que le
combat du chanteur contre l'adversité est en passe
d'être gagné; moins de quatre mois plus tard,
2 A.M. confirme le grand retour de Teddy dans le cour des
grands en gagnant sa place dans le Top . A nouveau en pleine
possession de ses moyens vocaux, sollicité par Hollywood
pour le film The Adventures of Ford Fairlane (Fort Fairlane,
Rock 'n' Roll détective) dans un duo avec Lisa Fischer
(Glad To be Alive en 1990), Pendergrass achève de
prendre sa revanche sur le destin au moment de la sortie
en 1991 du truly Blessed, obtenant avec It Should've Been
You un troisième Numéro Un sous son nom, le
septième depuis ses débuts avec les Blues
Notes. Il n'est pas surprenant que Teddy ait choisi par
la suite Truly Blessed comme titre de son autobiographie,
publiée au milieu d'une décennie marquée
par la sortie d'un dernier album Elektra (A Little more
Magic en 1993, avec la plage Voodoo produite par Gerald
Levert), suivi de deux recueils Surefire, You and I en 19697
et This Christmas(I'd Rather Have Love) la saison suivante.